BURN OUT

 

Le Burn out est un épuisement physique, émotionnel et mental lié à un stress chronique au travail.

Il peut toucher n’importe qui, et ses effets sont profonds et durables.

L’épuisement professionnel, également appelé Burn out, est un trouble psychique résultant d’un stress chronique dans le cadre du travail.

Il se développe progressivement chez certaines personnes exposées à des conditions de travail frustrantes et démotivantes : face à la fatigue, au sentiment d’échec et aux difficultés de concentration, celles-ci tendent à travailler toujours davantage pour essayer de retrouver satisfaction et confiance en elles.

Si les conditions de travail restent difficiles, un cercle vicieux s’installe jusqu’à l’épuisement.

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🔥 Qu’est-ce que le Burn out ?

  • Le terme vient de l’anglais “to Burn out” : se consumer, s’épuiser.
  • Il désigne un syndrome d’épuisement professionnel causé par un stress prolongé et intense dans le cadre du travail.
  • Selon l’OMS, c’est “un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à obtenir des résultats concrets”

 

⚠️ Symptômes du Burn out

Physiques :

  • Fatigue chronique, insomnies, maux de tête, douleurs musculaires, troubles digestifs.
  • Infections fréquentes dues à une baisse de l’immunité.

Psychiques :

  • Anxiété, irritabilité, vide émotionnel, démotivation, sentiment d’échec.
  • Difficultés de concentration, isolement, cynisme inhabituel.

Comportementaux :

  • Désengagement du travail, baisse de performance, détachement vis-à-vis des collègues.
  • Troubles alimentaires, consommation excessive d’alcool ou de médicaments.

Puis la personne épuisée devient anormalement froide et indifférente, elle s’isole émotionnellement et fait preuve d’un cynisme inhabituel.

  • Le plus souvent, les signes physiques disparaissent spontanément, mais sans que cela ne soit pour autant le signe d’une amélioration durable de l’état de santé.
  • Lorsque les conditions de travail continuent à être insatisfaisantes, d’autres signes caractéristiques apparaissent progressivement, la frustration, le sentiment d’échec et le détachement excessif vis-à-vis des événements et de l’entourage.
  • Des troubles du comportement alimentaire peuvent apparaître, voire des toxicomanies (alcool, drogues, médicaments). L’épuisement, lorsqu’il persiste, peut également déclencher une dépression avérée qui vient aggraver le Burn out.
  • Les personnes souffrant d’épuisement professionnel pendant de longues périodes semblent prédisposées à d’autres problèmes de santé, tels que maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, surpoids ou obésité.

 

🧠 Les causes du Burn out

  • Conditions de travail difficiles : surcharge, pression, manque de reconnaissance, conflits.
  • Personnalité : perfectionnisme, besoin de contrôle, forte implication émotionnelle.
  • Manque de soutien : absence de dialogue, isolement, mauvaise ambiance d’équipe.
  • Le Burn out résulte en général de différents facteurs associés, dont la plupart sont professionnels. Les personnes qui en souffrent se plaignent d’être surchargées de tâches en permanence, de manquer d’autonomie, de supporter des responsabilités mal définies et d’être insuffisamment reconnues pour leur travail. L’absence de possibilités d’avancement semble le favoriser le Burn out.
  • Certaines personnes très impliquées dans leur travail, adeptes du perfectionnisme et de nature ambitieuse semblent davantage prédisposées à l’épuisement professionnel. De lourdes responsabilités familiales et des conflits personnels inconscients vécus simultanément aggravent cette prédisposition, de même que la solitude affective. Le burn out semble affecter hommes et femmes en proportions égales. Les professionnels soignants, comme les infirmières, sont très touchés par ce type de trouble.

 

👥 Qui est à risque ?

  • Les métiers de soin, d’enseignement, de justice, de création ou d’accompagnement sont particulièrement exposés.
  • Les personnes très investies, sensibles, ou ayant du mal à poser des limites.

 

🛠️ Comment s’en sortir ?

Prévention :

  • Identifier les signaux d’alerte tôt.
  • Rééquilibrer vie professionnelle et personnelle.
  • Favoriser le dialogue et le soutien dans l’équipe.

Traitement :

  • Repos, arrêt de travail si nécessaire.
  • Accompagnement psychologique ou thérapeutique.
  • Réorganisation du travail ou changement de poste.

🌱 Retrouver l’équilibre

Le Burn out n’est pas une faiblesse : c’est un signal d’alarme. Il appelle à repenser notre rapport au travail, à l’engagement, et à la reconnaissance. Il peut aussi être l’occasion d’un renouveau profond, d’une réorientation ou d’un retour à soi.

 

Peut-on prévenir le Burn out ?

Lorsque les conditions de travail sont propices à l’épuisement professionnel, certaines mesures peuvent contribuer à prévenir le burn-out.

  • Si vous vous sentez surchargé ou débordé, faites une liste des tâches à accomplir par ordre de priorité. Vous pouvez les organiser entre celles que vous devez accomplir vous-même et celles que vous pouvez déléguer. Apprendre à déléguer est un bon moyen de prévenir le Burn out.
  • Pour éviter la frustration et le sentiment d’échec, il est préférable de vous fixer des objectifs précis et réalistes. Il est également important de fixer des limites à votre engagement professionnel et à votre perfectionnisme.
  • Apprenez à reconnaître les situations et les événements qui vous stressent de façon négative, afin d’essayer de les prévenir ou de les éviter.
  • Efforcez vous d’apprendre à dire « non » lorsque cela est préférable. Réfléchissez avant d’accepter une mission et de vous retrouver surchargé de travail.
  • Evitez de comparer vos performances à celles de vos collègues ou de vous lancer dans une compétition avec eux.
  • En cas de stress au travail, ne gardez pas vos soucis pour vous. Parlez-en à vos proches ou à des personnes qui connaissent le même type de problème. L’isolement contribue à l’épuisement émotionnel.
  • Ecoutez les signaux que votre corps vous envoie. Essayez d’évacuer votre stress en pratiquant une activité physique régulière. En cas de fatigue, mieux vaut éviter les excitants tels que le café, le thé, le chocolat, les colas ou le guarana, l’alcool et si possible le tabac.
  • Ralentissez votre rythme de travail, apprenez à faire des pauses et… à ne rien faire ! Essayez de garder votre calme face aux événements professionnels et relativisez leur importance.
  • Ne devenez pas esclave de la technologie. Evitez de consulter vos messages électroniques professionnels à votre domicile et séparez autant que possible votre vie professionnelle de votre vie personnelle.

 

Les questions à se poser lorsque le travail nous pèse

Lorsque les difficultés professionnelles commencent à interférer avec la vie quotidienne, la formulation de certaines questions peut contribuer à prévenir l’aggravation de la situation.

  • Quelle est la place du travail dans ma vie ? Est-elle en accord avec la place que j’aimerais lui accorder ?
  • Quelles sont les raisons de mon mal-être au travail ?
  • Pourquoi suis-je si sensible à ces situations et à ces événements ? Quels effets ont-ils sur moi ?
  • Comment puis-je modifier mes conditions de travail pour éviter que ces situations ne se produisent, ou pour diminuer leur impact négatif sur mon bien-être ?
  • Pourquoi n’ai-je pas encore réussi à modifier mes conditions de travail ? Quels sont les freins qui m’ont empêché de le faire ?
  • Puis-je raisonnablement demander à mon employeur de modifier certaines de mes conditions de travail ?
  • Les choses seraient-elles plus faciles si je changeais d’employeur ? Quelle est ma part de responsabilité dans les raisons de mon mal-être ?

 

Comment diagnostique-t-on le Burn out ?

Le diagnostic de burnout est souvent délicat à poser. Les symptômes physiques qui marquent le début de ce trouble sont peu spécifiques, variables d'une personne à l'autre, plus ou moins intenses, d'installation progressive, "souvent insidieuse", et il n’existe pas de définition officielle du burn out. Cependant son traitement se révèle plus efficace lorsqu’il intervient dès l’apparition des premiers symptômes.

Les manifestations qui peuvent y faire penser sont les suivantes :

  • Émotionnelles : anxiété, tensions musculaires, tristesse ou manque d'entrain, irritabilité, hypersensibilité, absence d'émotion ;
  • Cognitives : troubles de la mémoire, de l'attention, de la concentration ;
  • Comportementales ou interpersonnelles : repli sur soi, isolement social, comportement agressif, parfois violent, diminution de l'empathie, ressentiment et hostilité à l'égard des collaborateurs ; comportements addictifs ;
  • Liées à l'attitude ou à la motivation : désengagement progressif, baisse de motivation et du moral, effritement des valeurs associées au travail ; doutes sur ses propres compétences (remise en cause professionnelle, dévalorisation) ;
  • Physiques non spécifiques : fatigue, troubles du sommeil, troubles de type lombalgies, cervicalgies, etc.), crampes, maux de tête, vertiges, perte d’appétit, troubles digestifs.

Comment soigne-t-on un burn-out ?

Face à un Burn out, le médecin prescrit tout d’abord un arrêt de travail de courte durée qui permet à son patient de se reposer et de prendre des mesures pour que son retour au travail s’accompagne des changements nécessaires. Il peut également peut également conseiller à son patient de consulter un psychothérapeute et prescrire une thérapie comportementale et cognitive. Lorsque le Burn out est responsable de troubles dépressifs, un traitement antidépresseur peut être temporairement associé au traitement psychothérapeutique.

Quel est le rôle du psychothérapeute ?

Le psychothérapeute aide à identifier les causes de l’épuisement, à imaginer les mesures à prendre pour changer la situation (réorganisation, remise en perspective, définition d’objectifs plus réalistes, apprentissage de techniques de gestion du stress, etc.), à reconnaître ses limites et à prendre en compte ses vrais besoins. Les techniques de type thérapie comportementale et cognitive sont particulièrement indiquées dans le traitement du burn-out. Ce travail à court ou moyen terme peut être suivi d’un travail de type psychanalytique pour essayer d’identifier les conflits personnels inconscients susceptibles de prédisposer la personne à l’épuisement professionnel.

Quels compléments alimentaires contre l'excès de stress ?

Des compléments alimentaires proposés contre le stress, comme le magnésium ou le décapeptide de caséine alpha 1, visent à favoriser la relaxation ou, dans le cas des adaptogènes, à aider l’organisme à répondre au stress.

Le magnésium contre l'excès de stress

Le magnésium est un sel minéral indispensable à la transmission de l’influx nerveux et à la relaxation musculaire après la contraction. Il pourrait avoir un effet relaxant général.

Néanmoins, les études manquent pour confirmer cette propriété. Au sein des compléments alimentaires, le magnésium est souvent associé aux vitamines du groupe B, indispensables au bon fonctionnement du système nerveux.

En 2012, les autorités sanitaires européennes ont reconnu l'intérêt du magnésium pour le fonctionnement psychique normal et la réduction de la fatigue, mais elles ont interdit aux compléments alimentaires contenant du magnésium de prétendre améliorer la résistance au stress psychique ou réduire l’anxiété.

Le décapeptide de caséine alpha 1 contre l'excès de stress

Le décapeptide de caséine alpha 1 (ou alpha-casozépine) est une chaîne de dix acides aminés extraite de la principale protéine du lait de vache. Des études ont montré que cette substance possédait des effets anxiolytiques sur une courte durée (de 24 à 48 heures).

Toutefois, en raison de ces effets brefs, l'ancienne Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, désormais Anses) a émis un avis précisant qu'« elle ne pouvait se prévaloir d'un effet visant à réduire les conséquences du stress du fait de sa courte durée d'action ».

 

Existe-t-il des risques avec les compléments alimentaires contre l'excès de stress ?

Les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale doivent éviter les compléments de magnésium qui, de plus, ne doivent pas être pris en même temps que les antibiotiques de la famille des cyclines et des quinolones.

Les personnes souffrant de mycoses (champignons) ou de déséquilibre de la flore intestinale doivent s’abstenir de prendre du décapeptide de caséine alpha 1.

 

Quelles plantes pour soulager un excès de stress ?

Les plantes proposées pour mieux supporter le stress sont souvent des plantes dites « adaptogènes », c’est-à-dire capables de favoriser le retour de l’organisme à l’équilibre.

Le ginseng pour soulager un excès de stress

Les racines de ginseng sont utilisées sous forme de poudre ou de décoction en médecine traditionnelle pour lutter contre le stress. Plusieurs études sont en cours pour essayer de comprendre les mécanismes à l’origine de leur effet adaptogène. Pour l’instant, l’usage du ginseng dans cette indication repose essentiellement sur la tradition.

L’éleuthérocoque pour soulager un excès de stress

Improprement appelé « ginseng sibérien », l’éleuthérocoque fait également partie des plantes aux propriétés adaptogènes. Des extraits de ses racines ont fait l’objet de plusieurs études cliniques qui ont confirmé leur effet positif en cas de stress. On a en particulier démontré une augmentation du cortisol (l’hormone qui permet de réagir au stress) dans le sang.

 

Les autres plantes pour soulager un excès de stress

Quelques plantes aux vertus calmantes sont généralement proposées aux personnes victimes des effets d’un stress : par exemple la passiflore, le houblon ou le romarin.

De même, la rhodiole ou orpin rose (Rhodiola rosea) et le schizandra (Schizandrae chinensis) semblent présenter des propriétés similaires qui continuent à faire l’objet d’études cliniques.

 

Existe-t-il des risques à soulager un excès de stress avec des plantes ?

Les personnes qui prennent un traitement de longue durée (hypertension, diabète, troubles cardiovasculaires, etc.) doivent consulter leur médecin avant de prendre des plantes aux propriétés adaptogènes.

Celles qui vont subir une intervention chirurgicale doivent s’abstenir d’en consommer, car ces plantes ont tendance à diminuer la capacité du sang à coaguler.

 

Le burn-out, ce « mal du siècle » qui touche de plus en plus de personnes, se cache souvent derrière des symptômes subtils et insidieux. Au début, vous pourriez simplement ressentir une charge de travail plus pesante et un stress qui s’intensifie. Puis au fil du temps, les journées s’allongent et deviennent de plus en plus difficiles. La fatigue s’installe, l’enthousiasme des débuts n’est plus qu’un lointain souvenir et aller au travail devient une véritable épreuve au quotidien. Progressivement, vous avez peut-être basculé dans l’engrenage de l’épuisement professionnel.

Malheureusement, la guérison peut prendre des semaines, des mois, voire des années pour les formes les plus sévères. Savoir repérer les signes avant-coureurs est donc fondamental pour ne pas laisser l’épuisement s’installer. Manque de sommeilirritabilitétroubles de la concentration… Nous vous exposons 13 des principaux symptômes du burn-out.

 

13 symptômes pour savoir si l’on fait un Burnout

Si l’épuisement est un état caractéristique du burn-out, ce syndrome doit en réalité être appréhendé à travers différentes facettes. Selon la psychologue Christina Maslach, le burn out s’articule en effet autour de trois dimensions : l’épuisement émotionnel, le cynisme vis-à-vis de son environnement professionnel et la diminution de l’accomplissement personnel au travail. Ces différentes composantes se déclinent en une multitude de signes qui sont autant de symptômes révélateurs de votre santé psychique.

 

Symptôme n° 1 : Une fatigue physique et émotionnelle persistante

La première manifestation du Burn out et la plus centrale, c’est l’épuisement physique et émotionnel.

En cause, une exposition continue aux facteurs de stress liés au travail (objectifs inatteignables, surcharge de travail, manque de reconnaissance professionnelle…).

Vous avez le sentiment d’être complètement vidé de vos ressources et les temps de repos habituels (sommeil, congés, week-ends…) ne suffisent plus à récupérer.

Jour après jour, la fatigue s’installe et devient chronique.

Le « syndrome du bourreau de travail »

Après une période prolongée de stress et de travail excessif, certaines personnes peuvent ressentir des symptômes physiques lorsque leur période de repos commence.

Non seulement le repos n’est plus suffisamment récupérateur, mais il devient en plus déclencheur de véritables troubles physiques (douleurs musculaires, migraines, état grippal…).

Ce syndrome est également connu sous le nom de « syndrome d’épuisement de fin de semaine » ou « effet du congé » et atteindrait 3 % des travailleurs.

Principale responsable : l’adrénaline, une hormone liée au stress.

Sécrétée en continu en réponse aux demandes constantes de travail acharné, elle entraînerait, au fil du temps, une baisse des défenses immunitaires.

Lorsque la période de repos commence, l’adrénaline diminue. Se produit alors une réaction de « rebond » où les symptômes physiques et psychologiques refont surface.

Symptôme n° 2 : Une perte d’intérêt pour son travail

La démotivation au travail est l’un des symptômes les plus caractéristiques du burn-out.

Lorsque cette condition s’installe, les personnes surmenées peuvent ressentir une véritable perte de sens dans leur travail, affectant leur productivité et leur capacité à se concentrer sur leurs tâches quotidiennes.

Au début, cette démotivation peut sembler presque insignifiante. Vous avez pu l’attribuer à une fatigue passagère, à un simple besoin de lever le pied, de prendre des vacances.

Puis avec le temps, cette lassitude s’est considérablement marquée et vous ressentez désormais un profond désintérêt pour votre travail.

Ce qui était autrefois source de satisfaction est finalement devenu terne, dépourvu de sens.

Les responsabilités professionnelles peuvent à présent vous sembler accablantes et l’idée d’aller travailler chaque jour finit par susciter de véritables appréhensions.

D’ailleurs, vous commencez à réaliser vos missions sans entrain, presque machinalement et sans fournir le moindre effort particulier.

Symptôme n° 3 : Une sensibilité et une irritabilité marquée

L’épuisement professionnel a un effet en cascade sur toutes les composantes de la santé psychique.

Certaines personnes s’éteignent complètement et semblent progressivement dénuées de toute émotion, à l’image d’une « coquille vide » qui ne ressent plus rien.

Mais pour la plupart des gens en proie au surmenage, les émotions sont exacerbées.

À mesure que l’anxiété augmente à l’égard de l’environnement de travail, la tolérance au stress et à la pression diminue.

Les ressources émotionnelles sont épuisées et cette détresse psychique se traduit bien souvent par une hypersensibilité et des sautes d’humeur sans raison évidente.

Des choses qui n’auraient pas suscité de réaction forte auparavant peuvent désormais vous agacer ou vous bouleverser complètement.

Les échanges habituels au travail peuvent devenir tendus, car vous avez du mal à réguler vos émotions ou à les exprimer de manière constructive.

À la moindre remarque ou critique, vos réactions peuvent être très vives, voire disproportionnées (colère, pleurs incontrôlés…).

Ce tourbillon émotionnel est tout à fait caractéristique de l’épuisement physique et mental lié au Burn out.

Symptôme n° 4 : Une tendance à l’isolement et au repli sur soi

Le repli sur soi et le besoin de s’isoler progressivement sont des signes très couramment rencontrés en cas de Burn out.

Épuisé physiquement et émotionnellement, vous ne vous sentez sans doute plus capable de gérer les interactions avec votre entourage, surtout professionnel.

D’autant que le Burn out s’accompagne bien souvent d’une diminution de l’empathie, rendant plus difficile encore la capacité à se connecter émotionnellement avec les autres.

Malgré tous vos efforts, vous vous sentez perdre pied sans réussir à retrouver l’élan ou l’énergie nécessaire pour accomplir vos missions.

Vous ne supportez plus votre environnement général de travail et même les rassemblements festifs entre collègues (pots de départ, afterworks…) deviennent sources de stress.

Vous les évitez un maximum et préférez rester seul de votre côté.

Dans ces conditions, se lever le matin devient une épreuve difficile où la perspective d’une nouvelle journée de travail suscite un sentiment de déprime et d’appréhension.

Vous partez au travail avec la boule au ventre, vous avez de plus en plus souvent les larmes aux yeux et l’impression d’un poids écrasant sur votre poitrine…

Ces manifestations anxieuses sont des signes caractéristiques d’un profond état de stress et doivent vous pousser à faire un point sur votre situation professionnelle.

Symptôme n° 5 : Une anxiété généralisée

Les exigences professionnelles excessives, les délais serrés et les responsabilités accablantes peuvent créer un environnement de travail anxiogène où l’incertitude et la peur de ne pas être à la hauteur s’installent progressivement.

Si l’on ne parvient pas à relâcher la pression, le stress perdure et devient chronique, engendrant un cycle infernal.

Le sommeil est perturbé, les périodes de repos ne permettent plus de récupérer et les performances au travail s’effondrent.

Au lieu de se reposer et de consacrer du temps à ses loisirs et à sa vie de famille, on compense en travaillant davantage.

Peu à peu, le travail prend de plus en plus de place et le stress qui l’accompagne, aussi. C’est l’épuisement.

Vous vous sentez constamment inquiet, préoccupé et cette nervosité dépasse à présent le seul contexte professionnel, vous souffrez d’une véritable anxiété généralisée.

La gestion du quotidien devient de plus en plus difficile, un fort sentiment d’insécurité parasite constamment vos pensées et vos angoisses commencent à se traduire par des douleurs physiques (vertiges, maux de ventre, courbatures…).

Symptôme n° 6 : Des conduites addictives

Pour faire face à la pression et aux émotions difficiles, certains individus en surmenage professionnel consomment des substances psychoactives pour « tenir le coup ». Alcool, tabac, drogue…

Les conduites addictives peuvent prendre différentes formes et ne pas simplement concerner les pratiques ou substances les plus dangereuses.

Certains comportements, a priori anodins, peuvent au final s’avérer problématiques lorsqu’ils sont réalisés en excès.

Depuis que la fatigue et le stress se sont installés, votre consommation de café a peut-être triplé ?

Le soir, pour décompresser, vous lancez un jeu sur votre ordinateur et y passez finalement la moitié de la nuit ?

De la mauvaise habitude qui s’installe, à une véritable addiction, la pente peut être très glissante.

En vous offrant une échappatoire, un réconfort momentané, ces substances ou ces comportements viennent compenser ou tenter de réguler l’état de fatigue et de stress intense qui vous accablent.

Mais à long terme, ils vous enferment dans un engrenage de dépendance et d’épuisement et peuvent avoir de lourdes conséquences sur votre santé.

Symptôme n° 7 : Des douleurs physiques

À la fatigue constante liée au burnout, se mêlent généralement de nombreuses douleurs physiques.

Maux de ventre, tensions musculaires, lombalgies, douleurs articulaires, vertiges, migraines…

Ce sont des douleurs psychosomatiques, c’est-à-dire des symptômes physiques déclenchés ou aggravés par votre épuisement psychique.

Des examens cliniques se révéleront d’ailleurs tout à fait normaux, aucune maladie n’étant à l’origine de ces différents troubles.

Vous ne devez pas négliger ces signes pour autant, car ils traduisent un véritable mal-être psychique dont la somatisation peut s’aggraver au fil du temps.

Les douleurs physiques deviendront plus intenses, plus nombreuses, participant encore davantage à l’épuisement global de votre organisme.

Symptôme n° 8 : Des troubles du sommeil

Inhérent au Burn out, le stress chronique peut considérablement impacter la qualité de votre sommeil.

Les pensées anxieuses, les inquiétudes incessantes, rendent très difficiles la détente et la relaxation nécessaires pour un sommeil réparateur.

Alors, quasi quotidiennement, les mêmes schémas se répètent

Les pensées liées au travail se bousculent dans votre esprit et vous empêchent de vous endormir.

Lorsque vous y parvenez enfin, vous finissez toujours par vous réveiller une ou plusieurs fois au cours de la nuit.

Là encore, difficile de trouver le sommeil.

Vous ressassez les évènements de la journée ou restez préoccupé à l’idée de ce qui vous attend le lendemain.

Et au final, quand vient l’heure de se lever, vous êtes complètement épuisé et encore moins enclin à affronter cette nouvelle journée de travail.

Très rapidement, les troubles du sommeil peuvent alors devenir un facteur aggravant du surmenage.

L’absence de repos récupérateur entraînant une fatigue persistante et une diminution de la résistance au stress.

Et c’est l’engrenage.

Le Burn out affecte le sommeil, tandis que le manque de sommeil, à son tour, aggrave les symptômes du Burn out.

Symptôme n° 9 : Une diminution de l’efficacité au travail

Constamment en manque d’énergie et démotivé par votre travail, vous avez certainement constaté une baisse significative de votre productivité.

Les missions habituelles, autrefois réalisables sans effort vous semblent à présent insurmontables et les délais imposés deviennent des sources de stress supplémentaires.

Vous pourriez même vous surprendre à procrastiner davantage, à repousser certaines tâches ou à les accomplir de manière très superficielle pour simplement en être débarrassé.

L’engouement des débuts, l’enthousiasme qui accompagnait autrefois votre prise de poste a totalement disparu et vous ne faites plus désormais que le « strict nécessaire ».

Pour tenter de compenser cette baisse de performances, vous avez peut-être essayé d’adopter des comportements de surinvestissement (heures supplémentaires, poursuite du travail sur le temps personnel…).

Mais c’est inefficace et cela participe au cercle vicieux qui mène à l’épuisement professionnel.

Symptôme n° 10 : Une attitude cynique et un sentiment de frustration

Le cynisme est la seconde dimension du Burn out et résulte d’un épuisement émotionnel et d’une certaine forme de désillusion face aux exigences du milieu professionnel.

Au début, vous étiez sans doute plein de ferveur et de détermination, mais les défis constants et le manque de reconnaissance ont fini par miner votre moral et votre engagement.

Confronté au stress, à la fatigue, votre état d’esprit se dégrade et votre attitude devient de plus en plus dure, négative envers votre hiérarchie et vos collègues de travail.

Vous éprouvez du ressentiment, voire de l’hostilité vis-à-vis de toutes les personnes que vous côtoyez dans votre entourage professionnel. Beaucoup de choses et de personnes vous irritent.

Tout est source de critique et vous masquez de moins en moins vos opinions négatives. Conserver une attitude cordiale et professionnelle devient même particulièrement difficile au fil du temps et vous finissez par vous désengager totalement de votre travail et de votre entreprise.

Une « dépersonnalisation » en mécanisme de défense

 

Ce cynisme marqué correspondrait en réalité à un mécanisme d’auto-préservation pour faire face aux stimulations émotionnelles trop fortes que l’individu en souffrance ne sait plus gérer.

 

Il développe alors une attitude détachée, cynique, insensible, qui peut se traduire par de l’indifférence, de la distance ou même de l’agressivité envers toute personne de son environnement professionnel.

 

Bien souvent involontaire, ce détachement est une façon de se protéger des émotions négatives intenses qui peuvent découler de l’interaction avec les autres.

Symptôme n° 11 : Une perte d’estime de soi

Dans sa troisième dimension, le burn-out se caractérise par une baisse du sentiment d’accomplissement personnel au travail, une dévalorisation de soi.

La diminution de votre productivité au travail engendre un sentiment d’impuissance et de frustration, car vous vous rendez compte que vous ne pouvez pas atteindre vos objectifs comme vous le souhaiteriez.

Vous avez l’impression de ne pas être à la hauteur des exigences du poste et commencez à douter de vos compétences.

À ce sentiment d’illégitimité se mêle bien souvent de la culpabilité.

Malgré tous vos efforts, vous n’avez pas réussi à retrouver toute la rigueur et l’énergie nécessaire pour accomplir vos missions.

Au fil du temps, votre confiance en vous et votre estime personnelle s’effondrent, détériorant encore davantage votre état émotionnel général.

Symptôme n° 12 : Des troubles alimentaires

Le stress lié au Burn out mobilise énormément d’énergie.

Les personnes touchées par ce syndrome peuvent parfois se réfugier dans la nourriture, surconsommer des aliments riches en sucre et en gras comme source de réconfort, voire développer de véritables troubles du comportement alimentaire (boulimie, hyperphagie…).

D’autres individus, à l’inverse, perdent complètement l’appétit à mesure que leur état anxieux s’installe et les conséquences sur la santé ne sont pas moins dangereuses (amaigrissement, carences, affaiblissement…).

Dans tous les cas, une variation de poids ou un changement dans les habitudes alimentaires est un bien mauvais signal et doit vous alerter.

Symptôme n° 13 : Des difficultés de concentration et de mémoire

Le stress chronique et prolongé peut avoir un impact considérable sur les capacités cognitives. Surchargé par l’anxiété, le cerveau peut avoir du mal à gérer toutes les informations qui lui parviennent, entraînant des oublis fréquents, une baisse de la vigilance, des troubles de l’attention, des difficultés à réaliser plusieurs tâches à la fois

. Ces symptômes sont particulièrement alarmants, le ralentissement des fonctions cognitives signifiant un Burn out déjà bien installé.

Si vous avez l’impression de commettre plus d’erreurs qu’avant, de rencontrer des difficultés à vous concentrer, à trouver vos mots, à suivre une discussion ou à prendre des décisions, même simples, alors il devient urgent de faire une pause et de prendre du recul sur votre activité professionnelle.

Les tests et diagnostics

Le Burn out n’est pas reconnu comme une maladie et ne figure donc pas dans le DSM-5, le manuel diagnostic des troubles mentaux.

Il entre dans la catégorie des troubles d’adaptation.

Son diagnostic peut donc être complexe, car il n’existe pas de critères précisément définis.

La convergence d’un ensemble de signes ou d’indices peut toutefois permettre de détecter la présence probable d’un surmenage et d’en évaluer l’intensité.

Si vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs des symptômes du Burn out, rapprochez-vous de votre médecin généraliste ou du service de santé au travail de votre entreprise.

Pour établir leur diagnostic, les professionnels de santé peuvent s’appuyer sur plusieurs outils de mesures et notamment le MBI et le CBI, deux questionnaires standardisés qui permettent de fournir des indicateurs du niveau d’épuisement.

Développé en 1981 par les psychologues américaines Maslach (précitée) et Jackson, le Maslach Burnout Inventory (MBI) est le test le plus utilisé aujourd’hui.

Il se décline en deux versions : l’une spécifique aux professionnels du soin, de l’enseignement et de la formation, et la seconde pour le reste de la population.

Ce test mesure les trois dimensions principales du burn out :

  1. L’épuisement émotionnel: le questionnaire évalue le niveau de fatigue psychique engendré par le travail ;

 

  1. La dépersonnalisation (ou le cynisme): c’est-à-dire le degré de détachement émotionnel et d’indifférence envers les autres dans le contexte professionnel ;

 

  1. L’accomplissement personnel : Cet item mesure le niveau de satisfaction et d’épanouissement associé au travail.

 

Le Copenhagen Burnout Inventory (CBI), mis au point par les chercheuses danoises Marianne Borritz et Annie Hogh, explore également trois composantes du Burn out, mais sous un angle un peu différent :

 

  1. L’épuisement lié au travail: c’est-à-dire le niveau de fatigue physique et mentale engendrée par les exigences professionnelles ;
  2. L’épuisement lié à la clientèle: l’outil évalue le niveau d’épuisement associé aux interactions avec les clients, les patients ou les usagers ;
  3. L’épuisement personnel: Cet item explore le niveau général d’épuisement ressenti, à la fois dans le contexte professionnel et dans d’autres sphères de la vie.

 

Burn out professionnel et personnel

Initialement, le Burn out se rapporte à un état d’épuisement intense lié à l’activité professionnelle.

 

Mais d’autres formes de surmenage sont possibles dans la vie personnelle, à l’image du burn-out maternel, ou plus largement de l’épuisement parental.

 

 

4 solutions pour sortir du Burnout

Différentes solutions peuvent être mises en œuvre pour retrouver un bon équilibre professionnel et personnel.

Mais la prise en charge du Burn out passe généralement par un arrêt total de l’activité professionnelle, sur une période plus ou moins longue en fonction de la sévérité de l’épuisement.

Solution n°1 : Prendre le temps nécessaire pour se reposer

Les ressources sont complètement épuisées lorsque l’on souffre de burn-out et le corps et l’esprit ont besoin de temps pour récupérer. Si elle n’est pas systématique, la prescription d’un arrêt de travail s’avèrera bien souvent nécessaire, d’une durée de quelques jours à plusieurs mois selon le degré de surmenage.

 

Solution n°2 : Identifier les facteurs de stress et faire le point sur sa situation

S’il fait partie intégrante du processus de guérison, le repos à lui seul ne suffit pas pour guérir le Burn out et éviter les rechutes.

Il faut également prendre du recul sur sa situation pour évaluer les sources de stress qui ont pu conduire à un tel niveau de surmenage.

Cela implique de se poser les bonnes questions :

  • Quelles situations génèrent le plus de stress dans mon travail ?
  • Quels changements pourraient être apportés ?
  • Quels sont les aspects de mon travail qui m’apportent de la satisfaction ?
  • Ce milieu professionnel est-il fait pour moi ?
  • Etc.

Il s’agit de réaliser un véritable travail d’introspection pour évaluer ses aspirations professionnelles profondes.

Parfois, la réflexion aboutira à la nécessité de changer d’environnement de travail, voire de se réorienter complètement.

 

Solution n°3 : Suivre une thérapie

Pour prendre conscience des raisons qui ont mené à l’épuisement, explorer les émotions sous-jacentes et développer des stratégies de gestion du stress, l’accompagnement d’un professionnel de la santé psychique peut être une aide précieuse.

Différentes psychothérapies sont possibles, mais la thérapie cognitive et comportementale est celle la plus souvent préconisée dans le traitement d’un épuisement professionnel.

 

Solution n°4 : Adopter des habitudes de vie plus saines

Le traitement du Burn out passe également par l’amélioration globale de son hygiène de vie.

Une alimentation équilibrée, la pratique d’une activité physique régulière, et un sommeil de qualité sont essentiels pour se maintenir en bonne santé physique et mentale.

 

Repérer les symptômes du burn-out pour réussir à s’en libérer

 

Si certains signes vous semblent familiers, ne tardez pas, ne laissez pas l’épuisement professionnel s’installer.

Non résolu, le Burn out peut avoir de très lourdes conséquences sur votre santé physique et psychique.

Ce qui se limite peut-être aujourd’hui à un simple surmenage au travail peut très rapidement s’aggraver et évoluer en mal-être psychique, voire en véritable dépression chronique.

Personne n’est à l’abri de l’épuisement professionnel.

Et même dans ses formes les plus précoces, il est parfois très difficile de s’en libérer complètement et de parvenir à identifier la totalité des causes sous-jacentes au burnout.

Pour retrouver rapidement un équilibre professionnel et personnel, l’accompagnement thérapeutique peut être un précieux allié.

 

  • Le burn-out est un syndrome d’épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel, selon la définition retenue par la Haute Autorité de santé ;

 

  • Des concepts voisins ont été popularisés par les médias : le bore-out, qui désigne une situation d’épuisement professionnel associée à l'ennui, à la sous-utilisation des compétences et à un manque de stimulation dans le travail

 

  • Le Brown-out, qui renvoie à une perte de sens perçue dans l'activité professionnelle, pouvant entraîner un désengagement et une exécution des tâches de manière automatique.

 

  • Ces situations de souffrance au travail permettent de mettre en évidence l’intérêt de prévenir les risques psychosociaux (RPS) susceptibles d'affecter la santé des travailleurs, tant mentale que physique (avec notamment un risque accru de développer des troubles musculosquelettiques).

 

Ces risques psychosociaux doivent être évalués et traités par les employeurs, au titre de leur obligation d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs (articles L. 4121-1 et suivants du Code du travail)

 

  • S’ils affectent les individus et dégradent leur santé, ils doivent aussi être analysés d’un point de vue collectif, en tant que conséquence de changements et dysfonctionnements complexes intervenant au sein d’une unité de travail ou d’une entreprise, liés à l’évolution de l’organisation du travail, les transformations d’un secteur d’activité, etc.

 

Les facteurs de risques psychosociaux sont notamment :

 

    • La surcharge de travail ou la mauvaise gestion du temps de travail ;
    • La dégradation des relations de travail, en lien par exemple avec un manque de clarté dans les consignes données au travailleur ;
    • La faible cohésion d’équipe ;
    • L’absence d’autonomie ;
    • Le manque de valorisation et de confiance se caractérisant par un contrôle excessif du travailleur ;
    • L’insécurité quant à l’avenir professionnel.

 

Résumé

 

  1. Quand le travail fait souffrir : le burn-out
  2. Une nécessaire approche collective et préventive des risques psychosociaux (RPS)
  3. Textes de référence
  4. Pour en savoir plus
  5. À lire sur ce site
  6. Services en ligne

 

Quand le travail fait souffrir : le burn-out

Le burn-out 

Le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel est défini par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans sa classification internationale des maladies (CIM), comme un syndrome « résultant d’un stress professionnel chronique qui n’a pas été géré avec succès.

Il se caractérise par trois dimensions : 

  • Un épuisement physique et émotionnel ;
  • Une distance mentale accrue à l’égard du travail ;
  • Un sentiment d’inefficacité et de manque d’accomplissement

Ainsi, le burn-out se réfère spécifiquement à la sphère professionnelle et y représente un risque psychosocial majeur.

Si le burn-out ne fait pas partie des maladies prises en charge au titre des affections professionnelles (maladies désignées dans un tableau des maladies professionnelles de la sécurité sociale), il peut néanmoins faire l’objet d’une reconnaissance en tant que maladie professionnelle, lorsqu’il est établi que cette affection est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu’elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente d’un taux supérieur à 25 %. (Article L.461-1 du Code de la sécurité sociale)

Cette reconnaissance peut intervenir au terme d’une procédure d’instruction impliquant la saisine d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).

Pour faciliter la bonne prise en charge des pathologies psychiques, il est prévu que le médecin-conseil de la caisse ou le comité puissent recueillir l’avis d’un médecin spécialiste en psychiatrie. (Article. D. 461-27 du Code de la sécurité sociale)

 

À savoir !

Lorsque l’absence prolongée d’un salarié pour cause de maladie résulte d’un épuisement professionnel (notamment en lien avec une surcharge de travail et une exposition à un stress permanent et prolongé) et d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité, les conséquences de cette absence sur le fonctionnement de l’entreprise ne peuvent être invoquées pour justifier un licenciement.

(Cass. Soc., 13 mars 2013, n° 11-22.082).

 

Des concepts émergents voisins : le bore-out et le Brown-out

Bien que non reconnu médicalement ou juridiquement, le bore-out, popularisé par les médias, permet de décrire des situations de souffrance professionnelle liées :

  • À la sous-charge de travail ou à la répétition de tâches peu stimulantes ;
  • au sentiment de ne pas être utile ou valorisé ;
  • à l'absence de perspectives d'évolution ou de reconnaissance.

 

À savoir !

La mise à l’écart d’un salarié, durant les dernières années de sa relation de travail, sans lui confier de tâches correspondant à sa qualification et à ses fonctions contractuelles et ayant entraîné une dégradation de sa santé et un trouble psychique d’épuisement dit « bore-out », a pu être considérée comme une forme de harcèlement au travail. (CA Paris, pôle 06 ch. 11, 2 juin 2020, A18/05421)

 

De même, le Brown-out est un concept non reconnu médicalement ou juridiquement vulgarisé à la fin des années 2010 et au moment de l’épidémie de Covid-19.

Il est décrit comme une souffrance liée à une perte de sens perçue dans les activités professionnelles. Il peut se manifester par :

  • Une incompréhension de la finalité du travail réalisé ;
  • Une impression d'effectuer des tâches déconnectées des réalités de terrain ;
  • Un sentiment de dévalorisation de son travail.
     

Une nécessaire approche collective et préventive des risques psychosociaux (RPS)

L'évaluation précise des facteurs de RPS permet d'agir sur les causes organisationnelles susceptibles de favoriser l'apparition de souffrance au travail.

Conformément à l’article L. 4121-1 du Code du travail, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : 

  1. La mise en œuvre des actions de prévention dès risques professionnels ;
  2. Des actions d’information et de formation ;
  3. L’adaptation des organisations en fonction de l’évolution des risques et la mise en place de moyens adaptés. 

L’employeur doit veiller à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.
(Article L. 4121-1 du Code du travail)

Voir aussi Les grands principes de la prévention des risques professionnels et le DUERP.

Six grandes familles de facteurs de risques psychosociaux sont identifiées :

  • Exigences du travail : surcharge ou sous-charge, pression temporelle, objectifs flous ou inatteignables ;
  • Exigences émotionnelles : relation à la clientèle, gestion des émotions, exposition à la souffrance ;
  • Manque d'autonomie : absence de marge de manœuvre, contrôle excessif ;
  • Rapports sociaux dégradés : conflits, isolement, absence de soutien hiérarchique ou collègue ;
  • Conflits de valeurs : sentiment d'incohérence entre le travail demandé et ses valeurs professionnelles ;
  • Insécurité socio-économique : crainte de la perte d'emploi, manque de reconnaissance.

L’existence de ces différents facteurs de risques et leur interaction au sein de la structure sont à l’origine de souffrance au travail et concourent à la survenue de cas de syndrome d’épuisement professionnel. 

Les leviers de prévention

Dans le cadre de l’évaluation et de la prévention des risques pesant sur la santé et la sécurité des travailleurs, six grands axes de prévention des RPS ont été identifiés : 

  1. Informer et former les travailleurs;
  2. Réguler la charge de travail;
  3. Garantir un soutien social solide;
  4. Favoriser l’autonomie et la participation des salariés;
  5. Assurer une juste reconnaissance du travail;
  6. Discuter des critères de qualité du travail.

Ces axes de prévention impliquent :

  • L’évaluation fine, par métier ou unité de travail, des six familles de facteurs de RPS, notamment par la mise en œuvre de questionnaires (sur ce point, consulter la page dédiée, sur le site de l’INRS) ;

 

  • La régulation collective des dysfonctionnements et des potentielles sources de RPS, en agissant sur l’organisation et les relations de travail, en garantissant la cohésion d’équipe, en mobilisant les organes de représentation du personnel par un dialogue social constructif, notamment lors de la mise à jour du DUERP ;

 

  • L’évaluation, le suivi et la régulation de la charge de travail, notamment afin de maintenir un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, de respecter le droit à la déconnexion, etc. ;

 

  • L’engagement d’une réflexion sur la perception de la qualité du travail pour l’ensemble des travailleurs ;

 

  • Le développement d’un soutien aux travailleurs (par le biais de formations, de cellules d’assistance psychologique, etc.), en lien avec le service de prévention et de santé au travail ;

 

  • L’attention portée aux formes de reconnaissance et de rétribution du travail juste et équitable (financières, symboliques, statutaires, etc.) ;

 

  • La mise en œuvre d’une organisation du travail laissant des marges de manœuvre au travailleur, pour favoriser l’autonomie et les rapports de confiance tout en se prémunissant de l’isolement (management horizontal, usage raisonné des outils de reporting, rédaction de fiches de postes associant les membres du service concerné, concertation sur le télétravail…). 

 

Le passeport de prévention

L'employeur renseigne dans un passeport de prévention les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur dans le cadre des formations relatives à la santé et à la sécurité au travail dispensées à son initiative.

 

Les organismes de formation renseignent le passeport selon les mêmes modalités dans le cadre des formations relatives à la santé et à la sécurité au travail qu'ils dispensent.

Le travailleur peut également inscrire ces éléments dans le passeport de prévention lorsqu'ils sont obtenus à l'issue de formations qu'il a suivies de sa propre initiative.

 

Textes de référence

  • Sur les obligations de l’employeur eu matière de santé et de sécurité au travail et les principes généraux de prévention, d’évaluation des risques et de tenue du DUERP : Articles L. 4121-1 s. du Code du travail

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus

  • Consulter le Guide d’aide à la prévention du burn-out de l’INRS, qui revient en détail sur la définition du burn-out, les signaux collectifs et individuels permettant de le détecter, mes actions de prévention à mener, ainsi que la prise en charge individuelle et collective des cas de burn-out.

 

 

 

Martine Marchand

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