À toi qui veux comprendre ce que la sculpture fait de moi

Cher toi,

Il y a quelque chose que j’aimerais te confier. Ce n’est pas une histoire spectaculaire, ni un secret bien gardé.

C’est simplement la vérité de mes mains, de mes jours, de ce qui me  traverse quand je sculpte.

Tu sais, je n’ai jamais vraiment choisi la sculpture.

C’est elle qui m’a choisie.

Elle est entrée dans ma vie comme une respiration nouvelle, un espace où je pouvais enfin déposer ce que je ne savais pas dire autrement.

🟤 La terre : ma première confidence

Quand je plonge mes mains dans la terre, j’ai l’impression de revenir à un endroit très ancien en moi.

Un endroit où tout est encore possible.

La terre ne me demande rien.

Elle accueille.

Elle se laisse reprendre, recommencer, réinventer.

Dans ces moments-là, je sens mes pensées se déposer, mes épaules se relâcher.

La terre me ramène à l’essentiel : un geste, un souffle, une présence.

🌳 Le bois : une conversation avec le vivant

Le bois, lui, ne se laisse pas faire.

Il a sa propre histoire, ses propres cicatrices, ses propres élans.

Avec lui, je dois écouter.

Je dois comprendre ce qu’il accepte, ce qu’il refuse, ce qu’il protège.

Et tu sais quoi ? Cette écoute m’a changée.

Elle m’a appris à ne plus forcer les choses, à accueillir ce qui résiste, à composer avec ce qui est là.

Dans ma vie, cela m’a rendue plus douce, plus patiente, plus attentive.

🕊️ Le marbre : la lenteur qui transforme

Puis il y a le marbre.

La pierre qui ne pardonne pas, mais qui récompense la patience.

Avec lui, chaque geste est une promesse.

Chaque erreur reste, chaque avancée compte.

Le marbre m’a appris la lenteur.

La vraie.

Celle qui oblige à être là, entièrement.

Celle qui transforme le temps en allié.

Et dans mes journées, cette lenteur m’a offert un autre rythme.

Un rythme où je peux respirer, savourer, avancer sans me perdre.

✨ Ce que je voulais vraiment te dire

Si je sculpte, ce n’est pas seulement pour créer des formes.

C’est pour me créer moi-même, un peu plus chaque jour.

La matière me façonne autant que je la façonne.

Elle m’apprend à écouter. À accueillir. À persévérer. À me laisser transformer.

Alors voilà, cher toi.

Si un jour tu te demandes ce que la sculpture m’apporte, la réponse est simple :

elle m’aide à vivre.

À vivre plus lentement, plus profondément, plus vrai.

Et peut-être, en te l’écrivant, je m’en souviens un peu mieux moi aussi. 

Une inconnue qui pense à vous

"Tous Droits Réservés"